

Aurélie Vandamme
10 juin 2026
Quand la température influence votre santé
L’été s’installe, accompagné de son lot de températures élevées, de pics de pollution et d’humidité variable. Ces facteurs environnementaux, souvent banalisés, peuvent pourtant avoir un effet significatif sur la santé respiratoire, en particulier chez les patients atteints de pathologies chroniques (asthme, BPCO) ou encore de séquelles post-infectieuses.
Pourquoi la chaleur complique-t-elle la respiration ?
Les épisodes de forte chaleur provoquent une vasodilatation périphérique pour favoriser la thermorégulation. Cela peut entraîner une légère hypoxie tissulaire, en particulier chez les personnes souffrant d’une réserve ventilatoire limitée. Par ailleurs, l'air chaud et sec irrite les muqueuses respiratoires en augmentant l’inflammation des voies aériennes et favorise l’hyper-réactivité bronchique. Chez les patients BPCO ou asthmatiques, la chaleur peut majorer la dyspnée, la fatigue et entraîner une décompensation aiguë. L’humidité élevée, quant à elle, limite l’évaporation de la sueur et accroît la sensation d’oppression thoracique, surtout lors d’efforts physiques, même minimes.
Pollution et ozone : des alliés de la décompensation
Les pics de chaleur s’accompagnent souvent d’une augmentation des concentrations d’ozone et de particules fines, résultant de la stagnation de l’air. Ces polluants sont connus pour provoquer des exacerbations respiratoires, notamment en favorisant les infections, les bronchospasmes et l’augmentation des sécrétions. Voici quelques chiffres clés :
Jusqu’à +20% d’exacerbations respiratoires lors des vagues de chaleur chez les patients BPCO.
1/4 adulte ressent une gêne respiratoire modérée à sévère en cas de pollution élevée associée à la chaleur.
L’ozone atteint son pic entre 14h et 18h lors des journées ensoleillées
Le rôle de la kinésithérapie respiratoire :
Dans ce contexte, la kinésithérapie respiratoire joue un rôle clé. Tout d’abord, dans la prévention des encombrements et amélioration du drainage bronchique par des techniques adaptées (ELTGOL, drainage autogène, AFE). Ensuite dans l’éducation thérapeutique avec le repérage des signes d’exacerbation, l’adaptation des efforts, la gestion de la ventilation et de la dyspnée. Enfin avec un travail de désencombrement et d’optimisation des échanges gazeux (notamment en cas de diminution de l’amplitude ventilatoire).
Conseils pratiques :
1. Rester hydraté pour fluidifier les sécrétions et faciliter l’expectoration (2L d’eau par jour)
2. Éviter les sorties pendant les heures les plus chaudes et surveiller la qualité de l’air (indices ATMO ou applications dédiées)
3. Rafraîchir l’environnement de vie sans provoquer de choc thermique (brumisateurs, ventilation douce, volets fermés en journée)
4. Adaptez vos traitements si nécessaire
En conclusion, en période de chaleur, il est essentiel de rester vigilant face aux risques que peuvent représenter les conditions climatiques pour les personnes souffrant de pathologies respiratoires. Une bonne gestion des symptômes, en partenariat avec les professionnels de santé, permet de limiter les complications. La kinésithérapie respiratoire, en complément des traitements médicaux, offre un soutien précieux pour maintenir une fonction pulmonaire optimale et améliorer la qualité de vie des patients, même en période de canicule. N'oublions pas que la prévention passe aussi par une vigilance collective. Partageons nos conseils et accompagnons au mieux ceux qui en ont besoin.
Aurélie Vandamme, Kinésithérapeute


